
La publication le 2 juillet 2025 d’un arrêté relatif aux analyses de matériaux et produits susceptibles de contenir de l’amiante (MPSCA) améliore les pratiques des laboratoires d’analyse amiante pour parfaire les résultats et mieux prévenir les risques d’exposition à l’amiante. Ce texte adapte notamment les analyses à la diversité des matériaux rencontrés, en distinguant ceux au sein desquels l’amiante a été ajouté intentionnellement et ceux où l’amiante est naturellement présent. Cette différenciation technique est essentielle au regard des risques variés d’exposition auxquels sont confrontés les travailleurs. L’arrêté s’accompagne également d’une redéfinition fondamentale des critères de caractérisation des fibres asbestiformes pour ne pas les confondre avec les fibres dites « fragments de clivage ».
Des protocoles d’analyses pécifiques selon l’origine de l’amiante contenu dans les matériaux
L’arrêté du 3 juin 2025, qui modifie l’arrêté du 1er octobre 2019 relatif aux modalités de réalisation des analyses amiante, établit des procédures analytiques distinctes en fonction de la nature du matériau analysé. Pour les matériaux manufacturés contenant de l’amiante ajouté délibérément, les laboratoires continueront d’appliquer les méthodes adaptées habituelles. En revanche, pour les matériaux bruts contenant de l’amiante naturel ou manufacturés contenant de l’amiante naturel dans leurs composants, des protocoles spécifiques sont développés pour tenir compte de la distribution hétérogène des fibres d’amiante et de leur association avec d’autres matériaux. Cette démarche permet de garantir une détection optimale de l’amiante, et ce, quel que soit son contexte d’origine. Cette couverture analytique complète des échantillons prélevés permet de répondre aux exigences des professionnels du repérage de l’amiante, qui interviennent notamment avant des travaux de rénovation ou de démolition au sein de nombreux secteurs d’activité. Le champ d’application des analyses amiante s’étend donc désormais aux roches, aux galets alluvionnaires et à d’autres produits minéraux naturellement amiantifères, ainsi qu’aux matériaux manufacturés dont certains composants contiennent de l’amiante naturel en raison de leur nature pétrographique.
Une harmonisation des seuils de détection des fibres d’amiante et des référentiels normatifs
La nouvelle réglementation fixe également des limites de détection uniformes, inférieures ou égales à 0,1 % pour tous les types d’essais, ce qui harmonise les performances analytiques des laboratoires amiante. Cette exigence s’accompagne de l’obligation d’utiliser des méthodes validées selon les normes NF X 43-050, NF ISO 22262-1 et HSG 248, ce qui garantit la cohérence des analyses. De plus, l’arrêté simplifie certaines procédures en supprimant l’exigence de lecture sur double grille de microscopie pour les essais de type 1 utilisant la méthode META, suite aux recommandations de l’ANSES. Cette rationalisation des protocoles permet aux laboratoires d’optimiser leurs ressources tout en maintenant la qualité des analyses d’amiante.
D’autre part, la caractérisation des fibres asbestiformes repose aussi désormais sur des critères précis, avant de procéder à l’identification de leur nature amiantifère. Ainsi, les fibres minérales ayant des bords parallèles dont le rapport d’allongement longueur sur largeur est supérieur à 20 sont classifiées automatiquement comme fibres asbestiformes. Quant à celles dont le rapport d’allongement se situe entre 3 et 20, elles sont considérées comme asbestiformes si elles présentent au moins deux caractéristiques morphologiques spécifiques, parmi celles listées dans l’arrêté, observées au MOLP (microscopie optique) ou une caractéristique morphologique spécifique, observée au META (microscopie électronique).